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Funérailles de Jean Pierre Thuegaz

Quand la culture Bamiléké ré enfante la famille Thuégaz

 

 

 

Ils sont venus nombreux les amis et les connaissances de la famille Thuégaz pour rendre un dernier hommage à Jean Pierre Thuégaz, le regretté père de Patrick Thuégaz. Selon la tradition chrétienne et bamiléké. C’était le samedi 22 mars 2014.

 

 

Samedi 22 mars 2014, 14 h : les collègues d’Agnès et de Patrick, leurs amis et connaissances convergent vers leur domicile sis à Ndiengdam à Bafoussam. Les dames s’affairent  d’un côté pour dresser la grande table qui accueillera bientôt divers mets pour le plaisir du palais des convives. Les hommes de Dieu s’apprêtent de l’autre côté pour le culte.

 

 

Culte de circonstance

 

15 heures : Culte dans le grand salon de la vaste demeure des Thuégaz. Trois choses à retenir :

 

-          la méditation du Rév. Dr. Jean-Blaise Kenmogne dans laquelle il démontre qu’avec la présence de Jésus, la mort n’a plus d’emprise sur nous ; que la résurrection n’est pas seulement à venir, mais qu’elle est déjà là ; que le Christ ressuscité signifie la mort sous toutes ses formes et une invite à nous mettre debout, ensemble et au travail pour construire un autre monde possible, un monde de bonheur partagé ;

 

-       le message touchant de Patrick  essentiellement centré sur la vie et l’œuvre de son père. Des mots simples sont utilisés et suivis très attentivement par un auditoire particulièrement ému.

 

 

-          Les remerciements d’Agnès, un mélange de subtilités et de pics de tendresse où chaque participant(e) se retrouve, y compris les mamans présentes qui ne comprennent pas le français mais qui peuvent en même temps se sentir concernées lorsque l’intervenante évoque les « KIVU » (corbeilles de deuil) qu’elle a reçus des uns et des autres.

 

 

 

16 heures : les funérailles se préparent. Dans la cour d’une maison attenante, Père Pierre Kué, chef du quartier Ndiengdam, rassemble notables et invités. Selon la plus pure tradition bamiléké, une corbeille de plantain cuit à point avec de la bonne viande de porc est placée au milieu de la cour. De la bière et du vin rouge à gogo. La corbeille est ouverte et le mets est partagé. La bière coule. Les notables assis à la véranda ont une préférence pour le vin rouge. On mange et on pérore sur tout et sur rien. De nombreux curieux se demandent comment est-ce possible qu’un Suisse bon chic bon genre organise les funérailles de son père à la manière d’un bamiléké.

 

Tour de deuil

 

Puis une longue  procession s’ébranle vers le lieu des funérailles aménagé à cet effet dans un coin de la vaste demeure des Thuégaz. Le Chef de quartier en tête, suivi par Patrick, le Pasteur Jean-Blaise et toute la foule formant un cercle autour des tam-tams et tambours disposés sur les lieux. La danse peut commencer. C’est alors qu’on voit des scènes extraordinaires : Patrick arbore une queue de cheval et Agnès son épouse a sur la tête une assiette vide et dans la main droite une bouteille de bière vide. Traduction : elle n’aura plus accès à la nourriture  et à la boisson que lui donnait gracieusement son beau-père. Camille, leur fille porte sur la tête le « NKEN », sorte de couronne géante parée de plumes d’oiseaux. Les autres enfants, Gilles et Lucien sont, eux aussi, spécialement habillés pour les funérailles. Tout le monde danse, tantôt sur un rythme mâle, tantôt sur un rythme femelle, socles sur lesquels repose fondamentalement la chorégraphie bamiléké. La symbolique est parfaite. Plus tard, Patrick est porté en triomphe par des participants comme lui rendre hommage d’avoir bien « pleuré »    son père. On eût cru que la famille Thuégaz renaissait en terre africaine et précisément chez les bamilékés.

 

A la fin, une réception géante a lieu. On peut déguster les différents mets après une débauche d’énergie. On peut se remettre de ses émotions. La journée a été pleine de symboles, riche en leçons et particulièrement attachante. Qui a dit que l’inter culturalité était une vue de l’esprit ?

 

 

 

 

 


Commentaires  

 
+1 #1 Céline 25-03-2014 12:15
Que de belles images qui nous font être présent au milieu de vous.
J aurais aime être des votre, merci au peuple Bamiléké de prendre si bien soin de nos amis.
 

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