Get Adobe Flash player

Articles

FIN DE SEJOUR DE DEUX COUPLES D’ENVOYES AU CIPCRE

UN CULTE D’ACTION DE GRACE EST ORGANISE EN LEUR HONNEUR

Dimanche 29 juin 2014. Paroisse de l’Eglise Evangélique du Cameroun(EEC) de Ndiengdam à Bafoussam. 8h30 : l’Eglise est bondée de monde. Le prétexte? Un culte d’action de grâce en l’honneur des couples Léo et Silvia, Patrick et Agnès. Sans oublier les enfants de ces derniers. Cérémonie grandiose et émouvante.

Qui sont, professionnellement parlant, celles et ceux qui étaient à l’honneur ce dimanche ?

Etat de services éloquent

Trois ans déjà que les couples Léo et Silvia, Patrick et Agnès sont au Cameroun et mettent leurs talents au service du Cercle International pour la Promotion de la Création : Léo a offert ses services à l’Unité Foi et Action Sociale (UFAS) où, grâce à son expérience, il a accompagné tout le travail qui est abattu avec les chefferies traditionnelles dans la promotion de la justice sociale et de la paix ;


Silvia quant à elle, est spécialiste de théâtre. Elle a  monté une troupe  d’intervention mobile avec des jeunes scolaires et non scolaires avec pour objectif avoué  de contribuer un tant soit peu à la résolution des conflits qui se posent dans leur milieu de vie par le théâtre. Ce faisant, elle a aussi formé les cadres du CIPCRE afin que ceux-ci à leur tour, utilisent le théâtre comme outil d’intervention auprès des partenaires sur le terrain.


 

 


Patrick était en charge de l’implémentation des plans d’aménagement des espaces scolaires (PAMES) dans des écoles primaires et des lycées de la Région de l’Ouest au Cameroun. A la satisfaction de tous les maillons de la communauté éducative des établissements concernés, il a eu à y impulser l’aménagement des espaces verts, à travers la sensibilisation des uns et des autres sur les bonnes pratiques écologiques, la mise en œuvre de la gestion des déchets scolaires et l’utilisation du compost pour l’amendement des sols. En bon animateur, il a su mettre en œuvre des méthodes participatives de gestion des groupes partenaires et utiliser des techniques d’animation et de communication appropriées pour booster leur travail pour plus d’efficacité et d’efficience.

C’est en s’impliquant sur le terrain que Patrick Thuégaz a acquis une somme d’expériences impressionnantes en montage de projets de développement, en capitalisation, analyse et rapportage des activités menées, en genre, en gestion des conflits, voire dans le domaine, tout nouveau, des changements climatiques.

Le CIPCRE a également eu à bénéficier des services de son épouse Agnès dans ses rôles successifs de Coordinatrice de la Cellule de Suivi-Evaluation et d’Appui aux Thématiques Transversales (CESATT), de Conseillère du Directeur Général et de Médiatrice.

Dans son rôle de Coordinatrice de la CESATT, elle a eu à mettre sur pied le cahier des charges du poste, à en accueillir et à former l’animateur, à animer des réunions de coordination, de planification et de bilan, à élaborer et à mettre en œuvre un système de suivi, à appuyer le développement du contenu de la Thématique Transversale Genre et à former l’équipe du CIPCRE à l’appropriation de ce contenu et des outils y relatifs.

En tant que Conseillère à la Direction Générale et à la Direction Nationale du CIPCRE-Cameroun, elle a participé à la réflexion stratégique sur les activités de la Direction Générale, du CIPCRE-Cameroun et du CIPCRE-Bénin ; fait au Directeur Général des suggestions relatives à la bonne marche du CIPCRE en général et à son efficacité et son rayonnement en particulier ; s’est rendue disponible pour des animations sur l’inter culturalité et  d’autres thématiques majeures développées par le CIPCRE au profit du personnel ; accompagné sur le terrain le personnel dans les activités de grande envergure ; participé à la formation des stagiaires du CIPCRE et particulièrement du stagiaire Pasteur Suisse Nicolas Lüthi dont elle a assuré l’accueil et l’accompagnement, à raison de 50 % de son temps au CIPCRE et 50 % à la Paroisse de Ndiengdam à Bafoussam.

En sa qualité de médiatrice, elle a eu à apporter sa contribution à l’implémentation des mesures prises par le Directeur Général pour booster le moral du personnel du CIPCRE au Cameroun et au Bénin d’une part et créer un environnement interne propre à améliorer le climat de travail d’autre part.

Occasion spéciale

C’est vers 8h30 ce dimanche 29 juin 2014 que les amis, relations et collègues des deux couples prennent d’assaut l’Eglise Evangélique qui est à Ndiengdam. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit déferler en ces lieux tant de monde. Aux habitués de cette Eglise viennent s’ajouter des invités spéciaux. A occasion spéciale, culte spécial avec invités spéciaux, cantiques spéciaux et symbolique spéciale. Le pasteur Laurent Ngantchang, ordinaire des lieux, ne s’y trompera pas quand, entrant dans le vif du sujet, il soulignera à double trait le caractère spécial de l’événement.

« Comme mon père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

La liturgie de la Parole sera articulée autour de cet extrait de l’Evangile de Jean Chapitre 20, Versets 19 à 23. Dans sa prédication, le Rév. Dr. Jean-Blaise Kenmogne reviendra sur sa méditation d’il y a trois ans au cours du Culte d’accueil en ce même lieu des mêmes couples. Cette méditation, tirée de Genèse Chapitre 18, Versets 1 à 10, était centrée sur la thématique de l’accueil de l’étranger qui reste d’actualité aujourd’hui. L’étranger, dira-t-il, n’est pas une menace. Il est une chance et un cadeau. Le devoir d’accueil est une exigence qui vient de Dieu et non pas simplement une règle de politesse. Mais ce devoir, pour porter des fruits, a des conditions. Autant je dois accueillir l’étranger, autant l’étranger doit se laisser accueillir. L’accueil devient ainsi ouverture mutuelle, ouverture aux autres aussi bien à l’environnement qu’à la culture ambiante. Accueillir et se laisser accueillir sont donc le refus de l’enfermement sur soi, sur sa tribu et sur sa culture. De ce point de vue, on peut affirmer sans risque de se tromper que les Thuégaz particulièrement se sont laissé accueillir au CIPCRE, dans la Paroisse de l’Eglise Evangélique du Cameroun de Ndiangdam, dans le quartier, dans la ville de Bafoussam et au-delà. Ils ont été ainsi une chance et un cadeau pour le CIPCRE, pour le quartier, pour la Paroisse et pour la ville.

Rappelant le contexte dans lequel Christ a prononcé ces paroles : Comme mon père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie, l’officiant du jour a insisté sur la nature de la mission qui est celle de construire la paix. En effet, Jésus ne souhaite pas la paix aux disciples comme une simple salutation usuelle chez les Juifs, mais Il la donne, et en la donnant, Il en fait le contenu de la mission qu’Il confie aux disciples. Les disciples ainsi envoyés, sont des instruments de paix. Envoyés eux aussi par le Seigneur à travers le DM-Echange et Mission, les Thuégaz ont été à cet égard au CIPCRE et à Bafoussam des instruments de paix, mais aussi de joie et de pardon qui sont consubstantiels à la paix. De même, aujourd’hui, 29 juin 2014, à travers le CIPCRE, le Seigneur les envoie en mission en Europe en général et en Suisse en particulier. Ainsi donc, le culte de ce jour n’est pas un culte d’aurevoir, mais celui d’envoi. Agnès et Patrick sont donc envoyés par le CIPCRE pour être en Suisse et éventuellement en Europe, ses relais dans ses efforts pour contribuer à l’avènement d’un autre monde possible.

Jeu de symboles

Par la suite, place a été laissée aux symboles. Et aux symboles forts de la tradition bamiléké. Agnès a été élevée à la dignité de reine (Ma’a Mefo sodé) avec tous les attributs dus à son rang : vêtements traditionnels assortis de foulards, bracelets et surtout sac de raphia bedonnant de nourriture dont des arachides grillées. Jouant à la perfection son rôle, elle a séance tenante nourri ses nombreux enfants en distribuant par-ci par-là le contenu de ce sac, à la grande satisfaction de l’assistance.

Patrick quant à lui a été aussi revêtu d’habits traditionnels bien assortis avec, en bandoulière, une machette soigneusement rangée dans un fourreau. Les enfants n’ont pas été oubliés. Chacun d’eux a eu droit aux vêtements traditionnels. Et quand les uns et les autres ont défilé à l’estrade pour offrir à la famille Thuégaz les derniers cadeaux, on a senti une forte émotion traverser la salle. Sous l’animation des chorales, des fidèles n’ont pas hésité à se lancer sur la piste, entrainés en cela par Agnès qui, ici, a la réputation de bien danser au rythme du tambour. A certains moments, l’émotion l’a submergée et tout naturellement, elle a écrasé une larme. De savoir qu’elle allait quitter ce beau monde bientôt, que cette réalité qu’elle vivait allait, dans quelques jours, être rangée dans l’armoire des souvenirs, tout cela lui donnait du frisson et c’est pour cela qu’elle a laissé, par moments, éclater la vérité de ses émotions.

Interventions

L’honneur est revenu au Conseil d’anciens élargi de prendre la parole pour saluer les trois années que la famille Thuégaz a passées avec l’ensemble des fidèles dans sa paroisse d’attache à Ndiangdam. Au  passage, le porte-parole du Conseil a remercié le Pasteur Jean-Blaise de lui avoir permis de connaitre et d’adopter ce couple. Puis, il a relevé ce qui, à ses yeux, aura marqué le séjour de cette famille dans la paroisse : une force d’intégration à nulle autre pareille, un engagement sans faille dans les activités communes et une générosité remarquable. C’est pour cela que c’est avec un pincement au cœur que cet instant de séparation est vécu, dira-t-il pour conclure son intervention.

Alphonce Azebaze, Délégué du personnel du CIPCRE, prendra la parole par la suite pour apprécier les talents multiformes du couple Thuégaz, mais aussi du couple Leo, ce dernier étant malheureusement absent à la cérémonie pour cause de maladie. Le délégué vantera leurs mérites et avouera même que depuis qu’ils sont arrivés au CIPCRE, la façon de travailler du personnel a connu une nette amélioration. Sur le plan social, les envoyés ont brillé par leur présence aux deuils et funérailles ainsi qu’aux événements heureux impliquant le personnel. Au départ, ils étaient des collègues, puis, par la force des choses, ils sont devenus des amis et aujourd’hui, ils sont des frères, a-t-il reconnu. C’est pourquoi ils vont manquer à l’ensemble du personnel. Pour conclure son propos, le délégué a émis le vœu de les voir revenir pour continuer l’œuvre qu’ils ont si bien commencée ou, à défaut, de voir leurs organisations d’envoi les remplacer.

Le mot de la famille Thuégaz a été dit par Patrick, avec, à ses côtés son épouse qui a émerveillé l’assistance  en disant bonjour en langue locale preuve, s’il en fallait encore, de leur intégration parfaite dans la communauté. Introduisant son intervention, Patrick a dit combien ils sont attachés au Cameroun en général et à l’Ouest en particulier. Pour preuve, lorsqu’il était l’an dernier en congé en Suisse avec toute sa famille, ils avaient grandement envie  de rentrer au pays, de retrouver la terre rouge de la région de l’Ouest, ses habitants et particulièrement la communauté paroissiale de l’Eglise Evangélique de Ndiangdam. Il a dit sa fierté et celle de son épouse d’avoir travaillé avec le CIPCRE pendant trois ans. Il a rendu un vibrant hommage à leurs collègues qui ont facilité leur intégration professionnelle et sociale. Le Cameroun reste dans leur cœur et Dieu voulant, ils y reviendront un jour.

A ces mots bien sentis, Agnès ajoutera que sa famille et elle emportent une partie du Cameroun en Suisse. Une façon de dire que même partis, ils seront présents comme la Suisse est présente à travers ses armoiries repérables sur le T-shirt d’une jeune camerounaise que Ma’a Mefo’o Sodé présentera à l’assistance.

Pour mettre fin  à cette série d’interventions, le pasteur Laurent Ngantchang demandera à une fidèle, en l’absence de la doyenne, de dire un mot d’au revoir à la famille Thuégaz. Elle s’acquittera de cette tâche avec simplicité et plaisir. Elle demandera au Seigneur de bénir le voyage et de veiller sur chaque membre de cette famille.

La célébration de la Sainte Cène viendra mettre un terme à ce culte qui aura un peu plus de 4 heures d’horloge et auquel ont pris part 721 fidèles. C’est vers 13 heures que le Directeur Général du CIPCRE offrira, en l’honneur de la famille Thuégaz, un repas fraternel aux nombreux invités en sa résidence sise à quelques encablures de l’Eglise Evangélique de Ndiangdam. La satisfaction était visible sur tous les visages.

Commentaires  

 
+1 #1 Famille Thuégaz 06-07-2014 11:28
A tous nos frères et sœurs en Christ du CIPCRE, de la paroisse de Ndiengdam, de l'UEC et de l'Ecole de Référence, du fond du cœur un immense merci pour cette merveilleuse journée qui restera gravée dans nos mémoires. Quel incroyable témoignage de reconnaissance ! En tant qu'envoyés, nous nous engageons à être vos représentants et fervents défenseurs en Suisse et en Europe. Nous vous aimons ! On est ensemble. Patrick, Agnès, Camille, Lucien & Gilles.
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir