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Journée Internationale de la veuve : Les peuples Bazou et Balengou pour l’humanisation des rites de veuvage

L’édition 2015 de la journée internationale de la veuve a connu une tonalité particulière à Balengou et Bazou. Pendant que le peuple Balengou s’engageait à humaniser leurs rites de veuvage, les veuves Bazou ont saisi l’opportunité pour créer leur association qu’elles ont baptisée « Veuves Solidaires » avec pour devise « Une main ne peut attacher un paquet ». Une manière pour ces populations de prendre leur destin en main en redorant le statut socioéconomique de la veuve.

           Sous le thème «  Stratégies de prise en charge des problèmes des veuves », la journée internationale de la veuve, édition 2015, a mobilisé des foules à Balengou à l’occasion de la campagne d’information locale sur l’humanisation des rites de veuvage organisé par le CIPCRE dans ce groupement. Dans la même journée, les veuves de Bazou ont profité de cette commémoration pour se structurer autour d’une association qu’elles ont créée et qui peut leur servir de tribune pour mieux défendre leurs intérêts.

Balengou relève le défi du Code coutumier des rites de veuvage

Pour ce qui est de la campagne d’information à Balengou, elle a été ouverte par le Délégué Régional de la Promotion de la Femme et de la Famille, M. Claude NZUAFO, qui a apprécié à sa juste valeur l’initiative du CIPCRE, laquelle s’inscrit dans la logique gouvernementale de lutte contre les violences et les discriminations faites aux veuves. Il a profité pour présenter un exposé sur la journée internationale de la veuve en commençant par des précisions terminologiques utiles autour de cette journée qui se célèbre au Cameroun depuis 2011 et dont l’initiative est née au Gabon. De même, il a relevé les réalités auxquelles font face les veuves au quotidien, ce qui a amené le Secretaire Général de l’ONU à publier un message dont le contenu concerne l’élimination de la stigmatisation sociale et des privations économiques que subissent les veuves, le combat contre des risques élevés d’exploitation et d’agression sexuelles auxquels elles sont exposées et la suppression des obstacles qui les empêchent d’accéder aux ressources et aux débouchés économiques et entravent leur avenir. L’orateur a également mis un accent sur l’importance de l’acte de mariage qui confère un véritable statut juridique à la femme et la protège au cas où son époux viendrait à décéder.

A la suite de l’intervention du Délégue régional, M. FOKA du CIPCRE a pris le soins de présenter le projet de « Plaidoyer, structuration et accompagnement des communautés locales dans l’humanisation des rites de veuves » mis en œuvre à Balengou en partenariat avec l’ALVF et CMO grâce au soutien financier de l’Union Européenne. Ce projet devrait accompagner le peuple Balengou à l’élaboration età l’ adoption du code coutumier des rites de veuvage et des mécanismes pour assurer son application. Selon l’orateur, les rites de veuvage n’avaient pas toujours été mauvais parce qu’autrefois ils véhiculaient des symboles forts comme notamment la neutralisation de la mort, la réintégration de la veuve, la libération de la veuve et l’esthétique de la vie. Ce sont ces symboles qui ont été pervertis par la suite, aggravés par l’oralité de la tradition africaine et l’avènement d’un capitalisme sauvage. Du coup, plusieurs formes de violences ont été intégrées dans ces pratiques devenues dégradantes et avilissantes pour la veuve. Pour M. FOKA, c’est pour faire face à ces violences et redonner aux rites de veuvage leur valeur d’antan que le CIPCRE travaille sur ce sujet depuis 2005. C’est ainsi qu’il a déjà pu amener 7 villages de l’Ouest et du Sud à adopter un code coutumier des rites de veuvage et à se doter d’un observatoire pour garantir son application. Ce code coutumier en fait a plusieurs rôles dont notamment celui de conservation du patrimoine historique, de promotion des doits humains et de valorisation du patrimoine culturel d’un peuple.

Ces deux interventions ont débouché sur des échanges très fructueux avec les populations présentes selon lesquelles il était temps qu’une telle initiative soit lancée. Les personnes présentes ont exprimé leur volonté de s’engager dans le processus d’humanisation des rites de veuvage et prié le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille de prendre des dispositions qui s’imposent pour lutter contre le concubinage qui du reste est très dangereux pour la femme, une fois qu’elle a perdu son concubin.

Le veuves Bazou se regroupent en association

L’édition 2015 de la Journée Internationale de la veuve a vu la naissance de l’association « Veuves Solidaires » à Bazou. Les veuves de cette localité ont saisi l’occasion de cette journée pour matérialiser une volonté qui se dessinait depuis longtemps avec l’accompagnement du CIPCRE-ALVF dans le cadre du projet d’humanisation des rites de veuvage.

La rencontre de structuration qui a donné lieu à la création de cette association a vu la participation du Délégué Régional de la Promotion de la Femme et de la Famille pour l’Ouest, des responsables du CIPCRE, de l’ALVF et de la Radio Medumba. Après l’entretien des veuves sur l’importance d’une Journée qui leur est accordée ainsi que sur les articulations du projet, ces dernières ont unanimement décidé de mettre sur pied leur association et l’ont baptisée « Veuve Silidaires ». Elles ont estimé que l’association devrait leur permettre de mieux s’aider mutuellement et de développer des activités communes pour améliorer leurs conditions de vie. Séance tenante, elles ont constitué un bureau provisoire dont la présidence doit être assumée par Mme NJIOYO Rosalie. Cette dernière n’a pas manqué de prendre la parole pour remercier les autres membres de l’avoir choisie pour présider aux destinées de l’association.

L’occasion le permettant, les veuves ont été entretenues sur les possibilités d’activités génératrices de revenus par Mme KUEKEM Paule, promotrice du Centre d’éducation et de Promotion des jeunes filles Déshéritées (CEPROJEF) déplacée par l’ALVF pour la circonstance. Des propositions ont été faites aux veuves dans le sens de la transformation alimentaire, de la petite technologie et de la petite exploitation agricole. Ces propositions devraient déboucher sur la formation de ces veuves dans la mise en œuvre des activités qu’elles auraient choisies, ceci afin de les amener à augmenter leurs revenus et par là améliorer leurs conditions de vie.

 

 

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