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Attentats suicides à répétition dans l’Extrême-Nord

 

Le CIPCRE solidaire  de la Déclaration de SCP

A la suite des attentats suicides à répétition qui ont endeuillé la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, le Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) vient de rendre publique une Déclaration pour à la fois condamner avec la dernière énergie cet acte ignoble et barbare perpétré par la secte terroriste BOKO HARAM, appeler le peuple au calme et à la vigilance, demander au gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de son Plan d’urgence en faveur de cette partie du territoire et « interpeller la communauté internationale sur son devoir de solidarité » avec les populations camerounaises en danger. Le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE), membre de ce Réseau, partage entièrement la substance de cette Déclaration publiée in extenso ci-après.

 

Position du Réseau Service Civil pour la Paix (SCP)[1] suite aux attentats dans l’Extrême Nord du Cameroun

Aucune raison éthique ou morale ne devrait justifier la suppression d’une vie humaine

Les attentats suicides à répétition qui surviennent ces derniers jours dans l’Extrême Nord du Cameroun et qui ont déjà occasionné de nombreuses pertes en vies humaines, sont à condamner avec force, détermination et courage d’où qu’ils viennent et quelques soient leurs auteurs.

En restant solidaires et compatissantes à l’égard des familles des victimes éprouvées, des communautés de la région de l’Extrême Nord et du peuple camerounais tout entier, les organisations membres du Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) au Cameroun expriment leurs sincères condoléances à celles et ceux qui ont perdu des proches, amis et connaissances lors des meurtres par attentats perpétrés par des auteurs invisibles ayant décidé d’exploiter l’innocence et la naïveté des enfants pour orchestrer ces coups d’une lâcheté incroyable.

La gravité de tels actes ignobles dont les mobiles sont jusqu’ici inavoués, est de nature à semer définitivement et simultanément la peur, le doute et la psychose au sein des populations qui ne cherchent qu’à voir leurs conditions de vie s’améliorer par une gouvernance inclusive et participative à travers laquelle les richesses du pays seraient préservées durablement et utilisées avec équité pour le bien de tous et de chacun (e) indépendamment de son origine ethnique ou tribale, voire aussi de son appartenance religieuse ou doctrinale.

Une telle aspiration est donc aux antipodes de la violence criminelle qui se fonde de manière exclusive et impitoyable sur le plaisir de tuer et cherche à aboutir à la destruction de vies humaines, à la désolation et à l’exclusion et la haine de l’autre.

Face aux manipulations et actes de certains êtres humains dont nous sommes condamnés à être des frères et sœurs, au-delà de nos différences idéologiques ou raciales et nos considérations sociales et culturelles, qui se consacrent au massacre de leurs semblables, il est plus qu’urgent de rappeler aux populations camerounaises, à la communauté nationale et internationale qu’aucune raison éthique ou morale ne devrait justifier la suppression d’une vie humaine.

Fort de ce principe et de la reconnaissance de notre appartenance à la commune humanité, le Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) invite les populations à redoubler de vigilance et de maitrise de soi pour ne pas plonger dans l’amalgame, dans l’exclusion et la haine de l’autre du fait d’une insuffisante communication officielle. A ce titre, le Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) :

I. rappelle l’importance de la prise de conscience par toutes les couches sociales de l’existence d’une situation de crise et de la réalité d’une guerre contre un adversaire invisible. La nouvelle donne impose incontestablement des mesures spéciales et de nouveaux comportements auxquels il convient de s’habituer. Ignorer cette réalité serait manquer de soutien aux compatriotes se trouvant actuellement en première ligne de mire y compris l’armée dont l’incontournable mission de défense du territoire national contre les agressions multiformes a jusqu’ici été remplie avec bravoure et abnégation.

II. implore la retenue et le respect dans le discours au sein et envers les populations. Le contenu des messages à communiquer devrait être exempt de discours de haine ou de stigmatisation sous quelque forme qu’elle soit. Tout en continuant de militer pour une société plus juste, et en dénonçant les structures de l’injustice, les citoyens devraient se garder d’exacerber les inquiétudes et les frustrations du peuple. Pour leur part, les dirigeants sont attendus sur le terrain de la mise en confiance du peuple et la prise en compte de leurs aspirations urgentes à travers un discours pragmatique, dénué de vains engagements et de propagande.

III. attire l’attention de tou(te)s sur la nécessité de rester attentif et calme pour ne pas prêter le flanc à la moindre attitude qui puisse ébranler les fondements et les fondations de l'unité nationale. La culture citoyenne doit guider l’engagement de chacun(e) dans la lutte contre les actes terroristes et le terrorisme. Un tel engagement doit se fonder non pas sur des considérations ethno-religieuses ou politiciennes, encore moins sur une culture de l’exclusion, mais sur la construction d’une citoyenneté nationale et sous régionale appelant les dirigeants et les pays concernés par les attaques terroristes à une relation inclusive basée sur la participation et la concertation avec leurs populations en vue d’une redéfinition des rapports de force. Il y a donc des efforts à déployer par les gouvernements pour que les comportements citoyens soient renforcés et que les valeurs de solidarité, de civilité et de civisme favorisent le développement du sentiment d’appartenance à une nation et à une sous-région dont les richesses n’ont pas jusqu’ici suffisamment servi l’intérêt général.

IV. invite tous les Camerounais de bonne volonté à contribuer aux efforts non-violents pour résister à ces provocations insoutenables.

V. demande au gouvernement camerounais et à tous les décideurs concernés de mettre un maximum d’efforts dans la réalisation du plan d’urgence et d’autres programmes avec pour objectif de booster la croissance économique de cette partie du pays et du Cameroun tout entier, en mettant un accent particulier sur l’éducation et l’emploi des jeunes.

VI. interpelle la communauté internationale sur son devoir de solidarité avec les communautés et les citoyens camerounais mis en danger par ces agissements barbares.

VII. invite toutes les organisations de la société civile à inclure dans leurs priorités des activités pour construire la paix, car pour nous « La paix croît de l’intérieur »

Le Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) entend poursuivre l’observation des mutations et l’analyse du contexte pour engager ses membres dans des actions de prévention, d’éducation, de conscientisation et de formation pour promouvoir la résilience des populations et de nous tous face à cette réalité choquante et perturbante.

Par ailleurs, le Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) qui est constitué de confessionnels et de laïcs de différentes confessions, se met en union de prière dans la diversité de leurs croyances, pour que l’humain soit recrée en ceux-là qui ont pris l’option d’ignorer leur propre humanité et d’être insensibles à toute souffrance humaine.

Fait à Yaoundé, Douala, Maroua, Garoua, Batouri, Bangangté, Bertoua, Bafoussam, Foumban, Bamenda, Buea, Kumba

Juillet 2015

 


[1] Le Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) au Cameroun est formé d’organisations, confessionnelles et laïques, camerounaises travaillant sur base d’une vision commune dans les différentes régions du pays pour la paix, soutenues par des professionnels d’appui envoyés par les organismes allemands Pain pour le Monde et AGEH. Le travail se fait dans le cadre du programme international Service Civil pour la Paix promu par le Ministère de la Coopération Economique Allemand (BMZ). Pour le détail des organisations participantes voir www.peaceworkafrica.net

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