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Outrage à la pudeur suivi de viol par voie anale : Le coupable condamné à de lourdes peines

 

C’est le sort qui a été réservé à sieur Feuwo par le Tribunal de Grande instance de la MIFI dans son verdict par défaut du 26 mai 2015 qui l’a reconnu coupable d’outrage à la pudeur sur mineur de 10 ans suivi de viol par voie anale. Une condamnation qui vient redorer le blason de la justice camerounaise dans le combat contre les violences sexuelles faites aux enfants. Un ouf de soulagement pour le CIPCRE !

C’est l’histoire de la petite S., orpheline de père, âgée de 10 ans au moment du viol qu’elle a subi au mois d’août 2014. En effet, alors qu’elle venait de rentrer des classes, la petite fillette avait décidé d’aller laver ses vêtements dans un cours d’eau non loin de la maison, au quartier Banengo à Bafoussam. Y étant, elle a été attrapée par surprise par son bourreau qui l’a entrainée dans les champs d’à côté avant de la sodomiser. De retour à la maison, elle a tout raconté à sa maman qui l’amènera directement à l’hôpital, puis déposera une plainte à la Brigade Ter de Bafoussam. Une fois le suspect arrêté, la famille de ce dernier a commencé à proférer des menaces contre la victime et sa famille au point où ces dernières étaient obligées de fuir leur domicile pour se refugier ailleurs abandonnant ainsi la procédure judiciaire qui avait été déclenchée.

Lorsque le CIPCRE a été informé de cette situation par l’un de ses pairs éducateurs formés, des dispositions ont été prises pour entrer en contact avec la famille de la victime aux fins de leurs fournir des conseils sur le plan juridique et judiciaire. Cette mise en relation avec la famille a été facilitée par les autorités judiciaires qui n’arrivaient plus à obtenir les témoignages des victimes. Après concertation, un Conseil juridique a été mis à la disposition des plaignants par le CIPCRE pour les accompagner dans les procédures.

C’est ainsi qu’en date du 04 mai 2015, la petite S. et sa mère ont pu comparaitre à l’audience qui s’est tenue à huis clos au Tribunal de Grande Instance de la Mifi en présence de leur avocat Me Dzeukou Tekam Mireille et de l’Assistante Juridique du CIPCRE. Face au témoignage choquant de la victime et en l’absence de l’accusé, le Ministère Public a requis la peine maximale contre l’accusé, puis le dossier a été mis en délibéré pour le 26 mai 2015.      

C’est donc ce jour du 26 mai que le juge a rendu sa décision par défaut à l’endroit de monsieur Feuwo Serge – puisqu’il s’agit de lui -, le déclarant  coupable d’outrage à la pudeur sur une personne mineure de 10 ans suivi de viol par voie anale, le condamnant ainsi à 10 ans d’emprisonnement, à 200.000 f cfa d’amendes et à à 2.000.000 FCFA de dommage et intérêts à verser à la victime. Mandats d’arrêt et d’incarcération ont été décernés contre cet individu qui est toujours en cavale.

Décision louable

Pour la plupart des observateurs notamment Me Nzeukou, avocate de la victime, il s’agit d’une décision louable du point de vue juridique car les règles relatives aux droits des enfants ont été respectés tant au niveau du déroulement de l’instance qu’au niveau de la décision elle-même dont la peine prononcée se trouve dans la fourchette de peine telle que prévue par l’article 346 du Code Pénal  Camerounais.

C’est une famille rassurée que nous avons rencontré à la suite de la décision, comme nous la confirmé la petite S. en ces termes : « Je me sens en sécurité et mon rêve s’est réalisé, celui de voir le papa-là en prison. Je lui avais d’ailleurs dit que si on ne l’enferme pas, c’est Dieu qui va l’envoyer  en enfer ». Et la maman de compléter : « Je sais désormais que la justice existe même pour les pauvres comme nous autres, et je ne cesserai de remercier le CIPCRE pour tout cet accompagnement. J’invite donc tous les parents des victimes à dénoncer car nous ne sommes plus seuls dans cette lutte et la justice est pour tous.»

Il est à noter qu’il s’agit d’une autre décision qui vient redorer davantage le blason de la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. En effet, le CIPCRE à travers le projet RECAPE a pour objectif la réalisation effective des droits et la réhabilitation des enfants à risques ou victimes de discriminations sexistes et violences sexuelles dans les régions du Centre, du Nord-Ouest et de l’Ouest Cameroun, ceci via un dispositif d’accompagnement psychosocial, médical et juridique opérationnel.

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