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Violences sexuelles faites aux enfants à Bafoussam : La cote d’alerte

 

Les violences sexuelles sur les enfants sont devenues très récurrentes dans la ville de Bafoussam. Pendant la semaine du 8 au 15 juin 2015, il a été identifié, dans le cadre du projet de « renforcement du cadre de protection et de réhabilitation des enfants à risque et victimes de discriminations sexistes et violences sexuelles » (RECAPE-CAM), trois cas de viols dont un enfant de 8 ans par son voisin, un autre de 13 ans par les cambrioleurs et une dernière de 16 ans par son propre père.

Des constats faits sur le terrain, les adultes qui bafouent de cette manière des droits des enfants pensent que leur position leur donne le droit d’utiliser ceux-ci à leur guise. Dans l’une de ses études réalisées à cet effet, le CIPCRE avait déjà relevé la vulnérabilité des enfants comme l’un des facteurs aggravants que les abuseurs utilisent pour violer l’innocence des enfants. La situation d’insécurité grandissante, conjuguée à la dépravation des mœurs et à l’irresponsabilité de certains parents ne sont pas en reste comme des facteurs à risques de violences sexuelles sur les enfants. Cette irresponsabilité va encore plus loin lorsque les parents, face au viol de leur enfant, refusent toutes procédures judiciaires au profit de l’arrangement à l’amiable avec l’abuseur, sacrifiant ainsi l’intérêt supérieur de leur enfant.

Violée par son voisin

La petite A., âgé de 8 ans, après avoir été violée par son voisin de 19 ans avec qui elle avait l’habitude de jouer, n’a pas été réhabilitée dans ses droits du fait du refus de sa mère de porter plainte. En effet, c’est dans l’après-midi que la maman, voyant que la démarche de sa fille avait changé, a pu constater que cette dernière avait été violée. Etant du corps médical, elle a engagé toutes les démarches médicales nécessaires, mais malheureusement, a préféré s’entendre avec la famille du garçon auteur de ces actes pour que celui-ci quitte le quartier. Ne voulant pas s’attirer des ennuis avec des voisins de longue date, a-t-elle dit, elle a refusé toute possibilité de poursuites judiciaires, se contentant juste de l’éloignement de l’abuseur du quartier, ce qui ne résout fondamentalement pas le problème parce que cet abuseur continuera son forfait sur d’autres victimes ailleurs.

Violée par son père

Cette fuite des responsabilités semble moins grave comparée au cas de L. qui a été violée par son propre père qui voulait satisfaire à une condition posée par une secte pour lui ouvrir les portes de la richesse. Comme astuce, le papa a demandé à sa fille de l’accompagner voir un ami qui avait son bureau dans un hôtel de la place, suite à des arrangements préalables avec le réceptionniste. Une fois dans la chambre, il a brutalisé sa fille et l’a violée tout en lui ordonnant de ne rien dire à personne. Mais de retour à la maison, l’enfant s’est empressée de tout raconter à sa mère qui a tôt fait d’alerter tout le quartier. Informée de la situation, la police a mis aux arrêts le suspect. Celui-ci ne s’est pas gêné de passer aux aveux complets. Cette affaire poursuit son cours, mais interpelle vivement les parents sur leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants et les dangers de l’argent facile.

Violée par deux cambrioleurs

Au-delà de la cupidité des parents, l’insécurité galopante qui règne dans les quartiers est un autre facteur à risque de violences sexuelles. C’est ce qui est arrivé à la petite M. de 13 ans qui a été violée par deux cambrioleurs venus braquer leur domicile. Cette situation interpelle les forces de maintien de l’ordre pour le renforcement des postes de surveillance dans les quartiers afin de dissuader ces malfaiteurs qui sèment la panique dans les esprits.

Ces trois histoires qui ont défrayé la chronique à Bafoussam dans la semaine du 8 au 15 juin ne sont pas des cas isolés. Des cas similaires arrivent régulièrement et ce, même dans d’autres villes d’intervention du projet à l’instar de Foumbot et Foumban. On pourrait se poser les questions suivantes : à qui d’autre l’enfant devrait-il faire confiance si ce n’est à son père ? Quelles dispositions sécuritaires l’état devrait-il prendre pour mieux protéger les populations ? Que faire face à ces sectes qui font miroiter des promesses fallacieuses de richesses aux citoyens en manque de repères et les poussent à commettre des actes ignobles contre les enfants ?

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