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Protection des droits de l’enfant : Les leaders d’organisations de jeunesse à l’école

 

Le CIPCRE met en œuvre depuis janvier 2015 le projet de « Renforcement du cadre de prévention et de réhabilitation des enfants à risques et victimes de violences sexuelles et discriminations sexistes », en abrégé RECAPE-CAM. L’une des stratégies prioritaires utilisées est la formation des pairs éducateurs notamment les jeunes qui seront des relais efficaces de terrain. C’est dans cette optique qu’une série d’ateliers de formation a été organisée dans cinq arrondissements des départements de la Mifi et du Noun pour amener les jeunes leaders d’association à jouer ce rôle de veille dans leurs milieux respectifs. C’était aussi un moment de partage et de construction des synergies entre ces associations.

Les formations ont commencé à Bafoussam 1er le 21 mai pour se poursuivre à Bafoussam 2 le 22 mai, à Foumban le 29 mai, à Bafoussam 3 le 15 juillet pour finir à Foumbot le 21 juillet. Aminés à chaque fois par l’équipe technique du projet en place dans la région, ces ateliers ont mobilisé 135 leaders d’organisation de jeunes des arrondissements concernés. Il était question lors des rencontres d’amener les jeunes à briser les tabous autour des pratiques culturelles néfastes et des violences sexuelles à travers la prise d’initiatives de débats sur ces fléaux. Il fallait donc entre autres renforcer les capacités des leaders sur l’état des lieux des discriminations sexistes et des violences sexuelles, les amener à être des relais autonomes d’information et de sensibilisation dans leurs groupes et communautés pour une veille citoyenne constante et surtout développer chez eux le réflexe et les stratégies de dénonciation systématique des cas de violences sexuelles faites aux enfants. La mobilisation des différents participants aux sessions a été rendue possible grâce au partenariat qui existe entre le CIPCRE et le Conseil National de la Jeunesse du Cameroun, via sa représentation départementale.

Les contenus appliqués à ces formations ont principalement porté sur l’explication des problématiques, la notion de droits appliquée au cadre juridique de protection des enfants, les techniques d’animation, les mécanismes d’alerte et le rôle du jeune leader dans la prévention des violences sexuelles et discriminations sexistes. Pour ce qui est de l’explication des notions liées à la problématique, les échanges ont été orientés vers les définitions des termes violences sexuelles, discriminations sexistes et toutes les autres expressions connexes, les manifestations quotidiennes de ces fléaux ainsi que leur ampleur et impact sur les victimes. Un temps important a été accordé aux situations à risque qu’il faut éviter pour ne pas s’exposer et surtout aux trois règles d’or à appliquer devant ces situations : demander conseil, dire non ou carrément crier à l’aide et s’enfuir, tout ceci en fonction de la gravité du danger.

S’agissant de l’aspect juridique, le module présenté a permis aux leaders de se familiariser avec cette expression et surtout de voir son applicabilité dans leur vie relativement à la lutte contre les violences sexuelles et les discriminations sexistes. C’était aussi le moment de faire le tour des textes nationaux et internationaux en la matière qui ont été appliqués à des cas pratiques pour en faciliter la compréhension. L’assistante juridique du projet, qui à chaque fois a assuré cette partie des formations, a insisté sur les principes de base essentiels à la réalisation des droits des enfants (participation, intérêt supérieur de l’enfant, non discrimination, priorité du droit à la vie, à la survie et au développement) et les conditions qui favorisent une meilleure application du cadre juridique dont la première est la dénonciation.

Les techniques d’animation, facilitées par l’animateur principal des arrondissements du projet à l’Ouest, ont suscité une attention particulière des participants à chaque fois. Ils ont pu se rendre compte de ce que c’est que l’animation et de ce qu’elle n’est pas, des qualités d’un bon animateur et surtout des trucs et astuces pour mener à bien son animation dans ses différentes phases.

L’exposé intitulé « Résister à la manipulation » était un moment d’échange avec les jeunes sur le développement de l’estime de soi et la capacité à détecter les stratagèmes d’un manipulateur qui cherche à abuser d’eux. L’occasion a permis également d’échanger sur les bases d’une relation amicale ou amoureuse saine et respectueuse des droits et de la dignité, avec des pistes de comportements idéales tant pour les filles que pour les garçons dans ces moments.

Le module sur le rôle du leader jeune dans la prévention des violences sexuelles et discriminations sexistes a été conduit sous forme de travaux de groupe lors desquels les leaders ont dégagé des pistes possibles d’actions en insistant particulièrement sur la dénonciation et le dialogue avec les parents. Ces travaux ont débouché sur des plans d’action révélateurs du souci de contribuer efficacement à la lutte contre les violations des droits de l’enfant.

En définitive, les participants ont pris la résolution de saisir l’opportunité des vacances scolaires pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes de leur entourage, tout en inscrivant le partage des informations à l’ordre du jour de leurs rencontres régulières. Ils sont repartis fiers d’avoir été coptés comme acteurs à part entière dans un combat qui les concerne au premier chef. D’ailleurs, la représentation départementale du Conseil National des Jeunes a souhaité que ces formations soient le début d’un long et fructueux partenariat avec le CIPCRE pour le bien-être et la sécurité des enfants.

 

 

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