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Trente-trois enfants de Yaoundé reçoivent leurs passeports pour la vie

C’est dans le cadre de la lutte pour l’instauration d’un environnement protecteur de l’enfant que le mercredi 5 août 2015, a eu lieu, dans la cour arrière de la grande mosquée du quartier Briqueterie à Yaoundé, la cérémonie solennelle de remise des actes de naissance aux enfants. Ce fut un prétexte pour sensibiliser les parents sur leurs responsabilités dans la procédure d'enregistrement des actes de naissance de leurs enfants dès leur naissance et un plaidoyer auprès des autorités pour que cela soit effectif.

Les 123 personnes qui ont participé à cet évènement étaient constituées d’autorités administratives locales et religieuses, de leaders d’OSC, de parents et d’enfants bénéficiaires. Cette cérémonie était un tremplin pour sensibiliser les parents sur l’importance de l’acte de naissance pour un enfant, sur leur responsabilité dans l’établissement des actes  aux enfants et sur les procédures d’établissement desdits actes. C’était aussi l’occasion de faire un plaidoyer auprès des autorités pour la mise en place des procédures encore plus simplifiées qui facilitent l’établissement des actes aux enfants  et aussi sensibiliser par l’exemple les populations sur le travail du CIPCRE en matière de protection des enfants notamment son projet de lutte contre les discriminations sexistes et les abus sexuels faits aux enfants.

La protection de l’enfance au cœur des préoccupations

Pour parvenir à ces objectifs, quatre points phares ont meublé le temps de cette cérémonie. Le premier point étant le mot d’un enfant au nom de tous les autres enfants. Ce dernier a remercié le CIPCRE, l’AJSB et les autorités de la commune de Yaoundé 2 pour cette manifestation du respect des droits de l’enfant tout en souhaitant que demain, soit le tour des autres milliers d’enfants du quartier Briqueterie sans acte de naissance. Pour lui en effet, la présence de ces autorités administratives et communales traduit à suffisance l’intérêt des uns et des autres pour la protection de l’enfance d’une part et d’autre part, le soutien à l’action que l’amicale des jeunes solidaires de la Briqueterie a entreprise depuis quelques temps, avec l’appui technique et financier du Cercle Internationale pour la Promotion de la Création (CIPCRE). Aussi, les deux partenaires CIPCRE et AJSB ne peuvent pas à eux seuls résoudre l’épineux problème d’acte de naissance auquel font face de milliers enfants du quartier Briqueterie, ce qui pour lui est une occasion d’interpeller tous les acteurs de Yaoundé 2 et les parents en particulier sur l’obligation d’établir les actes de naissances aux enfants dès leur naissance.

Appel aux parents

Pour le mot du CIPCRE prononcé par Monsieur Claude Nwafo, responsable du Bureau du CIPCRE de Yaoundé, la convention des nations unies sur les droits de l'enfant, ratifié par le Cameroun, stipule que le premier droit de l'enfant est le droit à la vie. L'Etat doit, dans la mesure du possible, lui assurer survie et développement. Le second droit de l'enfant est dès sa naissance, le droit à un nom, d'être enregistré, d'acquérir une nationalité. Selon l’orateur, même si ce droit à l'enregistrement et donc à un acte de naissance semble aller de soi, il n’en demeure pas moins que nombre d'enfants en 2015 naissent, grandissent, deviennent adolescents sans que leurs parents aient établi leurs actes de naissance. Pourtant les enfants qui n'ont pas d'acte ont beaucoup de problèmes, car on a besoin de l'acte pour l'école, pour les examens, pour les concours, pour la carte d'identité, pour le mariage civil, pour avoir un travail, pour voter, etc. Pour mieux édifier les parents présents, il est revenu sur la procédure d’établissement de l’acte naissance, notamment le délai de déclaration qui est 30 jours et peut aller jusqu’à 90 en fonction des cas. En cas de jugement supplétif, les parents doivent déposer une demande à la Sous-préfecture avec les pièces suivantes :

- Un certificat "d'âge apparent" fait par un docteur qui coûte 900 F ;

- Un certificat du maire de la commune qui dit que l'enfant n'a pas d'acte de naissance qui coûte 200 f pour le timbre ;

- Une photo d'identité 4 cm x 4 cm ;

- et un certificat de scolarité, si l'enfant va à l'école.

Le parent doit payer 2.200 francs pour les frais du procès et 2.000 francs pour les timbres des papiers. Il va ensuite avec ces papiers à la mairie de sa commune pour que cette dernière lui établisse un acte de naissance. Cet acte est gratuit. M. Claude Nwafo a terminé son propos en lançant un vibrant appel aux parents quant à leur responsabilité pour l’établissement de l’acte de naissance aux enfants. Il a encouragé l’AJSB quant aux initiatives prises et a souhaité que la collaboration avec le CIPCRE se poursuive pour le bien-être et l’épanouissement des enfants.

Après cette note interpellatrice du CIPCRE, les enfants ont reçu leur précieux document des mains des différents responsables présents. C’est sur cette note festive que s’est terminée la cérémonie après une photo d’ensemble entre les heureux récipiendaires du jour et les invités.

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