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Construction de la paix : Quelle place accorder aux jeunes des Hauts plateaux ?

« La jeunesse est le fer de lance de la nation », dit un adage. Cette assertion n’est pas tombée dans les oreilles des sourds à Baham. Face aux exactions de la secte Boko Haram dans notre pays, des parents et enfants du groupement Baham ont pris l’initiative de s’interroger sur le rôle des jeunes dans la lutte contre cette secte.

Il est vrai que la secte agit dans le Grand Nord du Cameroun, mais la psychose générale qu’elle cause ne laisse pas indifférente la population de l’Ouest en général et de Baham en particulier.

Le vendredi 18 septembre 2015, à la veille de la célébration de la Journée Internationale de la Paix, parents et élèves, jeunes et adultes se sont réunis autour d’une table pour débattre du thème « Jeunes, soyons partenaires pour la culture de la tolérance et la paix » face aux multiples conflits qui minent notre société tels que les conflits intertribaux, interreligieux et intergénérationnels.

Ils étaient 6 autour de la table : un représentant de la communauté musulmane, une représentante de la communauté chrétienne, un représentant des valeurs ancestrales, un parent représentant les adultes et une élève représentant la jeunesse. Ils se sont employés à éclairer la lanterne des auditeurs sur l’impact des conflits suscités sur la paix.

S’agissant des conflits entre les religions, c’est l’ignorance et l’amalgame qui en sont les causes, car chaque religion véhicule des valeurs positives qu’elle enseigne pour la formation de l’homme : la paix, l’amour, la tolérance et le partage. La confusion savamment entretenue est aujourd’hui une porte ouverte à l’enrôlement des jeunes. L’absence de discernement face aux flux d’informations médiatiques entretient à son tour amalgame et confusion. Le risque est ainsi grand de se détourner des valeurs essentielles et de s’engager sur le chemin de la perdition.

Face aux conflits tribaux qui entrainent aujourd’hui des dérapages de toutes sortes, la jeunesse camerounaise reste encore fragile et ignorante. En effet, la diversité tribale du Cameroun est une force et une richesse à la fois. Pour les tenants du tribalisme au contraire, la diversité n’est pas une valeur positive. Mais devant l’exacerbation des conflits tribaux, les jeunes ne doivent pas confondre tribalisme et tribalité. Si celui-là est négatif, celle-ci au contraire est positive.

           Les panélistes sur ce point ont montré que chaque jeune par ses origines, sa culture, est un atout pour son propre développement et le développement de son pays. Parce que formé avec des spécificités qui, bien valorisées contribuent à la formation et à la richesse des autres. Prenant le cas du département des Hauts plateaux, dans chaque culture de chaque village, il y a une originalité. Et cette spécificité constitue ce que nous pouvons appeler la forces de la tribalité et non du tribalisme. Le jeune d’aujourd’hui doit toujours chercher à découvrir auprès des autres ce qu’ils ont de différent.

L’un des conflits qui est parmi les plus actifs et les moins visibles de nos jours, c’est celui entre les générations. En effet, l’évolution des sociétés avec l’avènement de la mondialisation met les plus jeunes face aux adultes, ce qui ne peut que générer des conflits. Le constat de la rupture du dialogue entre les générations a fait l’objet de vifs débats. Pour les adultes présents, la jeunesse a perdu le sens de l’obéissance, le respect, la soumission et a rejeté les enseignements des adultes. Pour l’élève représentant la jeunesse, cela est vrai pour la seule raison que les adultes ont tourné au point de vue des jeunes qui vivent dans un monde de liberté. Il serait donc important pour les jeunes et les adultes d’avoir un dialogue franc et respectueux de chaque point de vue afin de déterminer les fondements d’une cohabitation pacifique.

La table ronde a permis à chacun de comprendre que nous sommes tous responsables en cas de réussite ou d’échec et que le jeune a autant de potentialités que les générations précédentes pour construire la paix dans son village, son département, sa région et son pays. C’est sur cette vérité d’évidence que s’est achevée cette table ronde d’une heure dix minutes qui s’est efforcée de sensibiliser les populations des Hauts plateaux sur la place à accorder aux jeunes dans la construction de la paix.

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