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Accompagnement technique du projet RECAPE-CAM : KiRA poursuit son encadrement

A la faveur d’une nouvelle mission de suivi et d’accompagnement du projet de Renforcement du Cadre de Prévention et de Réhabilitation des enfants à risques et victimes de violences sexuelles et discriminations sexistes (RECAPE-CAM), Elisabeth MUNSCH, Chargée des Programmes et Projets à KIRA a séjourné au CIPCRE du 3 au 8 octobre 2015. Durant cette période, elle a effectué des visites de terrain pour toucher du doigt les résultats induits par la mise en œuvre du projet et a échangé avec l’équipe sur des aspects techniques devant permettre de renforcer les interventions futures. Cette mission s’est soldée par un satisfécit général de part et d’autre.

Rencontre des acteurs de terrain

La mise en œuvre du projet concerne plusieurs acteurs sur le terrain dont la collaboration porte des fruits palpables. La journée du lundi 5 octobre 2015, Journée mondiale de l’enseignant, a été consacrée à la rencontre de quelques-uns d’entre eux. En effet, l’équipe s’est déportée à Foumban en matinée pour un échange.

La première halte a été avec les enfants-filles victimes de discriminations sexistes et de violence sexuelle placées en apprentissage dans le domaine de la couture, broderie d’une part, et informatique d’autre part. Il a été question d’apprécier les efforts fournis par ces dernières, les conditions d’apprentissage, la durée de l’apprentissage et l’après-formation. D’un côté comme de l’autre, les enfants ont présenté les acquis engrangés jusqu’ici et ont montré leur enthousiasme pour ce qu’ils apprennent comme métiers. Il leur a été recommandé de mettre en réserve des ressources financières pour leur propre installation après la formation.

La deuxième halte a été auprès du bureau de l’association des chefs traditionnels de 3e degré de Foumban (ACTRAF) pour un partage d’expériences sur les problématiques du projet et les perspectives. A ce jour, les chefs de cette association ont pris à bras le corps la protection des droits de l’enfant et mènent des sensibilisations, informations des populations lors des événements auxquels ils prennent part. Par ailleurs, ils animent les comités de vigilance dont les membres constituent de véritables sources d’information. Il leur a été demandé d’étendre ces actions dans les zones reculées du département, d’user de leur pouvoir pour sanctionner en guise d’exemple les parents qui donnent précocement leurs enfants en mariage ou ceux qui épousent des enfants. L’équipe s’est par la suite rendue à Foumbot où attendaient les victimes, les imams et les leaders jeunes.

L’appropriation de la problématique du projet est réelle dans cette localité de Foumbot. A la suite des réflexions avec cette catégorie d’acteurs, un cadre de partage mutuel a été créé. Plusieurs cas ont été identifiés, mais des attitudes négatives sont encore observées de part et d’autre du fait du poids de la tradition, de la mauvaise interprétation du Coran, l’influence de la famille, le complexe d’infériorité de l’homme, etc. Suivant l’une ou l’autre tendance, certains imams « attachent » le mariage d’enfant sans vérifier au préalable l’âge de la mariée car ils n’ont pas le pouvoir de stopper une telle célébration. Selon les dires d’un des imams rencontrés, ils le font au détriment du Saint Coran qui stipule qu’un «homme qui se marie à 50 ans fait des orphelins ». Les leaders ont été encouragés à dénoncer en saisissant par lettre anonyme les autorités administratives indiquées.

Les leaders jeunes du conseil national de la jeunesse, antenne de Foumbot, ont partagé leur vécu sur le terrain depuis les sessions faites avec le CIPCRE à travers les actions menées. A travers leur action quotidienne, les jeunes côtoient leur autorité administrative afin de dénoncer les comportements préjudiciables à l’épanouissement de l’enfant. Egalement ces leaders s’appuient sur les outils de sensibilisations pour mener leur action. Exhortation leur a été faite de poursuivre ce travail en vue de l’accompagnement des victimes et la baisse des violences sur les enfants dans leur localité.

D’autres visites ont pris le relais à Bafoussam le mardi 6 octobre en matinée pour faire place au travail de bureau dans l’après-midi.

Réunion de travail avec l’équipe technique

En dehors des visites de terrain, deux jours ont été consacrés au travail avec l’équipe technique sur un certain nombre d’éléments relatifs au projet.

Il s’est agi d’abord du bilan des actions menées. La méthodologie a consisté à faire la revue des outils de capitalisation du projet (rapport semestriel ; fiches de capitalisation ; fiche récapitulative…). Ce travail a conduit à apprécier les avancées du projet et prendre des recommandations.

Par ailleurs, la rencontre a permis de poser les bases pour l’élaboration de nouvelles affiches de sensibilisation devant porter l’une sur les méfaits des arrangements à l’amiable et l’autre sur la vulnérabilité des petites filles qui ne doivent pas être des jouets sexuels.

L’occasion a permis également la construction du dispositif de gestion des numéros SOS à travers notamment la conception du registre de capitalisation, le modèle de fiche de référencement et l’organisation de la permanence pour ce qui est de la tenue du téléphone.

En outre, il y a eu une réflexion autour du programme radio « Ecole des Parents » qui doit être un concept à vendre auprès des médias pour appropriation. Les grands thèmes de ce programme ont été identifiés et des pistes d’émission ont été trouvées pour le thème « Dialogue en Famille » en guise d’exemple.

Enfin, un moment de travail a été consacré à la relecture et à la correction du projet de réforme sur la répression des infractions sexuelles et sexistes.

C’est sur une note de satisfaction totale que le séjour s’est terminé à Bafoussam avec l’espoir d’une autre rencontre au mois de janvier 2016 au cas où le nouveau projet soumis à la Délégation de l’Union Européenne venait à être validé.

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