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L’association des femmes de Djeukou adhère à la lutte pour les droits des enfants

L’association des femmes de Djeukou adhère à la lutte pour les droits des enfants

Le 21 avril 2016, le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE) a organisé une causerie éducative à l’intention d’une association des femmes du quartier Djeukou dans le groupement Bapa, département des Hauts Plateaux, Région de l’ouest.

Dans la Région de l’ouest en particulier et au Cameroun en général, les droits de la petite fille sont souvent bafoués au détriment de ceux du petit garçon considéré comme celui qui doit perpétuer la famille. Ainsi, dans certaines familles, la petite fille reste à la maison pendant que le garçon va à l’école. C’est elle qui s’occupe de toutes les tâches ménagères pendant que le garçon passe le plus clair de son temps à jouer.   De même, dans la société camerounaise, le tabou qui règne autour du sexe rend souvent les populations indifférentes face à certains abus sexuels faits sur les enfants tels que le viol, les attouchements, le harcèlement sexuel etc. Face à cette situation, une causerie éducative a été organisée pour encourager les parents à donner les mêmes chances aux enfants indépendamment de leur sexe car un enfant, qu’il soit garçon ou fille, est utile pour la famille. Aussi, une fille qui ne va pas à l’école ou commence à subir les inégalités sociales, ne peut pas s’épanouir et son avenir est incertain.

Donner les mêmes chances aux garçons et aux filles

Pendant les échanges, deux camps se sont opposés par leur perception de l’enfant, garçon et fille. Pour certains, les garçons sont plus importants que les filles parce qu’ils sont ceux qui vont rester dans la famille alors que la fille est appelée à aller dans une autre famille. Investir pour une fille est une perte de temps puisque c’est une autre famille qui va en bénéficier. Le camp d’en face plutôt modéré pense que l’enfant, qu’il soit garçon ou fille, est important pour sa famille. Faire la différence entre garçon et fille est injuste. On devrait donner les mêmes chances de réussite aux deux sexes. Par exemple, si un parent n’a pas de moyens financiers pour envoyer son garçon et sa fille à l’école, il devait opter pour le plus intelligent susceptible de réussir à l’école et non pour le cancre en raison de son appartenance sexuelle. Après plusieurs échanges parfois houleux, les deux parties ont convenu que l’enfant, indépendamment de son sexe, est important. Par conséquent, les parents devaient donner la même éducation et les mêmes chances de réussite aux enfants sans tenir compte de leur appartenance sexuelle.

Concernant le volet abus sexuel, les parents ont été tous d’accord que le sexe est tabou dans le contexte camerounais et Bapa ne fait pas l’exception. Sur les 34 participantes, seulement 3 parlent de sexualité à leurs enfants, les autres par pudeur et par respect pour cette partie du corps n’en parlent pas parce qu’elles ne veulent pas pousser les enfants à s’intéresser à l’acte sexuel. Elles ne veulent pas réveiller très tôt l’instinct sexuel chez les enfants. Pour remédier à ce manquement, nous avons encouragé les parents à initier le dialogue avec leurs enfants sans restriction, car s’ils ne parlent pas de sexualité à leurs enfants, ceux-ci l’apprendront hors de la cellule familiale et ceux chargés d’éduquer leurs enfants ne le feront pas de la bonne manière. Aussi, si les parents continuent à entretenir le tabou autour du sexe avec les enfants, une fois victimes d’abus sexuel, ils ne pourront pas les informer de l’acte dont ils ont été victimes. Par la même occasion, nous avons présenté aux parents les conséquences du viol par exemple les conséquences psychologiques ou physiques que les victimes peuvent trainer toute leur vie.

Non aux arrangements à l’amiable

Un autre point de la causerie et pas les moindres, les arrangements à l’amiable qui sont souvent légion dans nos sociétés traditionnelles. Nous avons présenté les inconvénients à ne pas porter plainte contre les abuseurs. Dans la plupart des cas, les parents pensent que porter plainte contre un abuseur, c’est faire du mal à la famille de ce dernier et par peur de représailles, ils préfèrent se taire ou accepter l’arrangement à l’amiable. Ainsi, nous avons montré aux mamans que le viol est d’abord un crime. Porter plainte contre un abuseur, c’est sauver d’autres enfants qui pourraient être victimes et même sauver l’enfant qui pourrait être encore victime du même abuseur.

La causerie qui a duré près d’une heure trente minutes a permis aux 34 participantes de comprendre l’intérêt qu’il y a à accorder les mêmes chances de réussite aux enfants sans tenir compte du critère sexe. De même, elles ont compris pourquoi les parents doivent développer le dialogue avec les enfants, y compris par rapport au sexe. Toutes ont également appris que le viol est un crime. Pour l’intérêt supérieur de l’enfant, les arrangements à l’amiable devraient être proscrits parce qu’ils encouragent les abuseurs à continuer leur manœuvre de destruction et déstabilisation des enfants. Il a également été demandé aux femmes d’éviter de mettre les enfants de sexes différents dans une même chambre afin d’éviter les abus sexuels entre les enfants.   Le chant de remerciement entonné à l’endroit du CIPCRE par les dames était un signe palpable que le message est bien passé et que désormais il y aura un changement dans l’éducation des enfants à Djeukou.

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