Les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG) constituent une alternative crédible aux certifications classiques, souvent coûteuses et peu accessibles. Fondés sur la participation active des producteurs, des organisations de la société civile, des consommateurs et des institutions publiques, les SPG reposent sur la transparence, la responsabilité collective, l’apprentissage mutuel et la confiance. Cependant, jusqu’ici, les initiatives SPG au Cameroun se sont développées de manière fragmentée, avec une multiplicité de cahiers des charges, de mécanismes de contrôle et de labels, limitant leur lisibilité et leur reconnaissance institutionnelle.

Le 22 décembre 2025 à Yaoundé, le CIPCRE a organisé un atelier national de structuration du Système Participatif de Garantie (SPG) BIO CAMER, consacré à la validation du cahier des charges unique et à la présentation du label commun BIO CAMER, avec la participation de 25 acteurs clés, dont 8 femmes. Étaient représentés plusieurs départements ministériels (MINADER, MINEPDED, MINMIDT, MINRESI, MINSANTE, MINFOF), l’ANOR, des organisations de la société civile engagées dans les SPG, des centres de formation, des réseaux de développement durable ainsi que les médias. Cette diversité d’acteurs a illustré l’approche multisectorielle indispensable à la réussite d’un SPG national crédible.
Cet atelier qui s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du projet « Centre de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie _CCAB », rejoint le contexte particulier d’adoption de la nouvelle loi sur la production biologique en novembre 2025. Le Directeur national du CIPCRE, Dr Mathieu FOKA, a d’ailleurs rappelé dans son mot de bienvenue, en sa qualité de Project Manager du PCAC, le chemin parcouru par les acteurs des SPG au Cameroun et l’importance stratégique de l’atelier dans le contexte post-adoption de la loi sur la production biologique.
La rencontre avait pour objectif de contribuer à l’opérationnalisation effective du SPG BIO CAMER, à travers la validation d’un cahier des charges unique, la structuration de la gouvernance, la définition de mécanismes harmonisés de contrôle et de certification, et la présentation officielle du label commun.
Des avancées majeures sur le cadre technique et la gouvernance

Les travaux ont permis d’importantes avancées sur le cadre technique du SPG. Les participants ont recommandé un meilleur alignement du cahier des charges avec la loi sur la production biologique, notamment par l’intégration explicite de l’article 4 relatif à la dimension sociale et participative du SPG. Les principes fondamentaux, tels que la préservation de la biodiversité et la valorisation des savoirs locaux, ont été renforcés et clarifiés.
Sur le plan des exigences techniques de production, l’atelier a souligné la nécessité de mieux adapter les règles aux réalités agroécologiques du pays, en clarifiant les périodes de conversion, en encadrant certaines pratiques sensibles comme le brûlis, et en intégrant des innovations agroécologiques favorisant la résilience des systèmes de production.
Les discussions sur l’intégrité des produits et leur mise sur le marché ont mis l’accent sur la traçabilité, la conformité aux normes nationales existantes et la valorisation des pratiques locales, en lien avec les institutions de recherche reconnues.
En matière de gouvernance et de certification, les participants ont recommandé une révision de l’organigramme du SPG BIO CAMER afin de clarifier les rôles, de renforcer la transparence et de mieux positionner le rôle de l’État. La création d’un comité d’arbitrage distinct et l’amélioration des mécanismes de contrôle participatif figurent parmi les propositions majeures.
Le label BIO CAMER : un symbole fédérateur en construction, une dynamique prometteuse pour l’avenir

Le label BIO CAMER a été présenté et adopté sur le principe, avec des propositions d’amélioration. Les recommandations ont porté sur sa professionnalisation graphique, l’intégration d’éléments symboliques du Cameroun, l’utilisation d’un fond vert et la simplification du design afin d’en améliorer la lisibilité et l’appropriation par les producteurs comme par les consommateurs. Ce label commun ambitionne de devenir un repère de confiance, garantissant l’origine biologique des produits et renforçant leur visibilité sur les marchés locaux et nationaux.
En conclusion, l’Atelier national de structuration du SPG BIO CAMER marque une étape décisive vers la construction d’un système national de garantie participatif harmonisé, crédible et inclusif. Les travaux réalisés posent des bases solides pour la reconnaissance officielle et la mise en œuvre opérationnelle du SPG BIO CAMER, au service d’une agriculture biologique durable et porteuse de développement pour le Cameroun.
Les recommandations issues de l’atelier ont été structurées autour de quatre axes majeurs, lesquelles feront l’objet d’échanges stratégiques avec les acteurs institutionnels clés :
- La conformité juridique avec la loi sur la production biologique,
- La clarification de la gouvernance et des rôles des acteurs,
- L’intégration renforcée des enjeux environnementaux et climatiques,
- La reconnaissance institutionnelle et visuelle du label BIO CAMER.