Dans le cadre du Projet pilote pour renforcer les capacités technologiques du CIPCRE à travers la production écologique de tomates et la chaîne de transformation, le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE) a organisé, les 12 et 13 novembre 2025 à Famtchuet, un atelier de formation dédié à la production agroécologique de la tomate.

Cette initiative s’inscrit dans la vision du CIPCRE de promouvoir des systèmes agricoles durables, économiquement viables et respectueux de l’environnement, tout en contribuant au développement rural local.

La tomate, une culture stratégique au cœur des enjeux de développement rural

Dans le département de la MIFI, la tomate constitue l’une des principales cultures maraîchères, assurant des revenus à de nombreux ménages et contribuant de manière significative à l’approvisionnement des marchés locaux. Cependant, la filière reste confrontée à plusieurs défis majeurs, notamment la dégradation progressive des sols, la forte dépendance aux intrants chimiques, l’augmentation des coûts de production et les pertes post-récolte importantes. Ces contraintes affectent non seulement la rentabilité des exploitations, mais aussi la qualité sanitaire et technologique des tomates destinées à la consommation et à la transformation.

Face à ce constat, le CIPCRE, en partenariat avec l’Institut Universitaire Évangélique du Cameroun (IUEC), a initié un projet pilote visant à promouvoir une production écologique de la tomate, intégrée à une chaîne de transformation locale, notamment pour la production de poudre de tomate. La formation des producteurs constitue un levier central de cette stratégie.

Une formation conçue pour partir des réalités des producteurs

L’atelier a rassemblé quinze producteurs et productrices de tomate issus de différentes localités de la MIFI. La formation a été conçue pour des participants n’ayant pas nécessairement de connaissances préalables en agroécologie. L’approche pédagogique a ainsi privilégié des échanges simples, des exemples concrets et des discussions basées sur les pratiques existantes, afin de faciliter la compréhension et l’appropriation progressive des concepts.

La première journée a été consacrée à l’introduction des principes fondamentaux de l’agroécologie. Les participants ont découvert en quoi cette approche diffère de l’agriculture conventionnelle et comment elle permet de préserver la fertilité des sols, de réduire l’usage des produits chimiques et d’améliorer durablement la qualité des productions. Des échanges participatifs ont permis d’identifier les pratiques locales déjà proches de l’agroécologie et celles nécessitant des améliorations.

De la théorie à la pratique : apprendre en faisant

La seconde journée a mis l’accent sur l’apprentissage pratique. Les producteurs ont pris part à des démonstrations et à des travaux encadrés sur la fabrication de biofertilisants et de biopesticides à partir de ressources locales facilement accessibles, telles que le compost, les extraits de plantes et les préparations fermentées. Ces activités ont permis de renforcer l’autonomie des producteurs et de réduire leur dépendance aux intrants chimiques.

Un accent particulier a également été mis sur la gestion post-récolte. Les participants ont été formés aux techniques de tri, de manipulation et de conservation des tomates destinées à la transformation, afin de limiter les pertes et de garantir une matière première de qualité pour les unités de transformation locales.

Des résultats encourageants et une dynamique collective en construction

À l’issue de l’atelier, les producteurs ont exprimé un intérêt marqué pour l’adoption progressive des pratiques agroécologiques présentées. La formation a permis de renforcer leurs capacités techniques, mais aussi de susciter une prise de conscience collective sur l’importance de produire des tomates saines, de qualité et adaptées aux exigences de la transformation.

Au-delà des apprentissages individuels, cette initiative a contribué à amorcer la structuration d’un réseau local de producteurs engagés dans une démarche agroécologique, capable de soutenir une chaîne de valeur locale durable autour de la tomate.

À travers cet atelier, le CIPCRE réaffirme son engagement à accompagner les producteurs vers des systèmes agricoles plus résilients, respectueux de l’environnement et créateurs de valeur pour les communautés rurales de la MIFI.