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XXIXème Journée Internationale de la Femme

 Le CIPCRE débat des OMD 2, 3 et 5

 

A l’occasion de la XXIX ème Journée Internationale de la Femme(JIF) sur le thème général « Défis et réalisations des Objectifs du Millénaire pour le Développement  (OMD) pour les femmes et pour les filles », le CIPCRE a organisé une table ronde très courue dans sa salle polyvalente  le mercredi  5 mars 2014 dès  13 heures 30. Le sous-thème traité était le suivant : « Les objectifs du millénaire pour le développement : acquis, défis et perspectives pour la femme et la jeune fille ». Retour sur cette importante rencontre.

  

Le sous-thème retenu par le CIPCRE a été structuré autour de trois articulations traitées par trois dames auxquelles s’est adjointe une quatrième dont la tâche était de procéder à un examen comparatif de la JIF au Cameroun et en Europe :

 

-          Les acquis, résultats et réalisations des OMD pour la promotion de la femme et de la jeune fille dans le domaine de l’éducation (OMD 2), de l’égalité de genre (OMD 3) et de la santé (OMD 5), par Madame, MARAH Mbine Ngole E., Déléguée Départementale du MINPROFF pour la Mifi ;

 

-          Les défis des OMD à surmonter dans les domaines de l’éducation, de l’égalité de genre et de la santé sur le plan national, international, et mondial : comment lever les blocages ? Par   KOUEKEM Pauline, Coordinatrice du Centre d’Education et de Promotion des Jeunes Filles Déshéritées (CEPROJEF) ;

 -          Les perspectives des OMD pour la promotion de la femme et de la jeune fille : les stratégies d’implication des femmes à la réalisation des OMD 2, 3, et 5,  par Mme KAMDEM Elise, Coordinatrice de Femmes et Actions sur le Développement ;

-          8 mars vécu en Europe et en Afrique : différences et valeurs ajoutées (partage d’expérience),  par Agnès THUEGAZ, Envoyée de DM Echange et Mission au CIPCRE.

 Les travaux ont commencé par le mot de bienvenue du Directeur National, M. Samuel SOFFO TODJO. Dans une courte allocution, il a dit l’attachement du CIPCRE à la Journée Internationale de la Femme et exprimé le souhait que cette journée soit davantage une occasion de prise de conscience des problèmes qui bloquent la promotion de la femme. Il a émis le vœu que les échanges soient constructifs avant de donner la parole à M. Eugène FONSSI, Coordinateur de la Cellule de Communication au CIPCRE, pour la modération.

   Dans sa communication, Madame la Déléguée a tout d’abord rappelé les objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en précisant qu’ils ont été fixés en  l’an 2000 par l’ONU dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations dans les pays émergents et en développement. Les OMD sont au nombre de huit :

 - Réduire l’extrême pauvreté(OMD1) ;

 - Assurer  à tous l’éducation primaire(OM2) ;

 - promouvoir l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes(OMD3) ;

 - Réduire la mortalité infantile (OMD4) ;

 - Améliorer la santé maternelle (OMD5) ;

 - Combattre le VIH-SIDA, le paludisme et les autres maladies (OMD6) ;

 - Assurer un environnement humain durable(OMD7) ;

 - et Construire un partenariat mondial pour le développement(OMD8).

 

 Après ce rappel, Madame Marah a présenté les acquis des OMD ciblés pour les femmes et les filles. Au plan éducatif national, elle a insisté sur les efforts qui ont été faits, notamment la dotation des régions en matériels pédagogiques, la suppression des frais de scolarité dans toutes les écoles primaires publiques, la construction et la réhabilitation des salles de classe, le recrutement et l’intégration des instituteurs vacataires, la distribution des manuels scolaires aux élèves et aux enseignants des zones d’éducation prioritaires, la dotation en médicaments génériques et produits de premier soin à l’ensemble des écoles primaires publiques et privées et aux établissements secondaires publics, etc.

 Sur le plan de l’égalité de genre, elle a fait état de ce que le pourcentage des femmes salariées dans le secteur non agricole connait une augmentation constante, et que la proportion de sièges occupés par les femmes au Parlement est aussi en augmentation. Elle s’est réjouie de ce que dans la haute administration de notre pays, les femmes sont de plus en plus visibles. Elle a enfin souligné que le cadre légal a été étoffé pour permettre à la femme d’être protégée contre les discriminations sexistes, le travail de nuit, les mariages précoces, la torture et autres traitements dégradants ainsi que les violences de toutes sortes.

 Sur le plan de la santé,  elle a présenté les résultats atteints, notamment la sensibilisation et l’implication des confessions religieuses dans la lutte contre le SIDA, la révision à la baisse du coûts des antirétroviraux, la mise sur pied du programme élargi de vaccination axé sur la protection des enfants de 0 à 11 mois contre les maladies évitables, la promotion de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant, notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës, le paludisme, la rougeole et les carences nutritionnelles, etc.

  

Beaucoup reste à faire

 Parlant des réalisations du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Madame la Déléguée a cité entre autres l’organisation des séances d’initiation aux petits métiers, la formation des points focaux genre dans tous les autres ministères, la prise en compte, dans son plan d’action, des journées commémoratives à l’instar de la Journée Tolérance zéro aux MGF le 06 Février, la Journée Internationale de la Jeune Fille le 11 octobre, la Journée Internationale de Protection des Droits de l’Enfant le 20 novembre,  etc. Le MINPROFF a aussi sensibilisé, en partenariat avec les Organisations Internationales, les ONG et certains autres départements ministériels, les populations sur les violences de genre au Cameroun à travers des magazines, des émissions radiophoniques et  de télévision, etc. Sur le plan pratique, le MINPROFF a réalisé des actions conjointes avec le MINSANTE, l’UNICEF, l’ONG More Women in politics, l’ONU-Femmes, le MINADER, le MINEFOP et le MINESUP. Elle a terminé son intervention en reconnaissant que si beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire.

 Intervenant à sa suite, Madame Pauline KOUEKEM, Coordinatrice du Centre d’éducation et de Promotion des Jeunes Filles Déshéritées (CEPROJEF), s’est attelée à identifier les blocages sur le chemin de la réalisation des objectifs du Millénaire en ce qui concerne la santé, l’égalité de genre et l’éducation.

 Pour ce qui est de la santé, et selon l’édition 2013 du rapport sur les objectifs du Millénaire, « Une personne sur huit continue d’avoir faim dans le monde. Trop de femmes meurent en accouchant, alors que nous avons les moyens de les sauver. Plus de 2,5 milliards de personnes manquent d’installations d’assainissement améliorées, parmi lesquelles un milliard continue d’avoir recours à la défécation à l’air libre, qui représente un grave danger pour la santé et l’environnement. Nos ressources naturelles nécessaires ont diminué considérablement, avec des disparitions continues de forêts, d’espèces et de stocks de poissons, cela dans un monde déjà confronté aux effets du changement climatique. »

 Relativement à l’égalité de genre et l’émancipation de la femme, les obstacles sont loin d’être surmontés pour venir à bout de la pauvreté, de la faim et de la maladie. Les femmes restent encore marginalisées aussi bien dans les processus de prise de décision que dans l’accès à la terre par exemple. Les OMD, définis en 2000, sont plus axés sur la pauvreté que sur l’égalité des sexes, l’inclusion sociale et les droits humains des femmes. Ce sont ces aspects qui sont ciblés par les activistes et dans les stratégies des gouvernements. Ils font l’impasse sur certaines questions sexospécifiques comme l’excision/les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, les discriminations sexistes et le chômage chez les jeunes femmes, etc.

 Quant à l’éducation, les obstacles sont légion : de plus en plus de parents privilégient l’éducation des garçons par rapport à celle de leurs filles et certaines traditions obsolètes comme les mariages forcés ne sont pas là pour faciliter les choses.

 

Quelles stratégies mettre en œuvre ?

 Intervenant en troisième position, Madame Elise Kamdem, Coordinatrice de Femmes et Actions sur le Développement, s’est particulièrement appesanti sur les stratégies d’implication des femmes et des jeunes filles à la réalisation des OMD 2, 3 et 5. Pour elle, les stratégies à mettre  en œuvre en ce qui concerne l’éducation comprennent la poursuite de la mise en œuvre de politiques spécifiques en faveur des Zones d’Education Prioritaires(ZEP),la lutte contre les pesanteurs culturelles qui dénient à la jeune fille le droit d’aller à l’école et la libre disposition de son corps , etc. Pour ce qui est de l’égalité des sexes, il faut accompagner les parents et les communautés, notamment en zones rurales, dans la scolarisation de la jeune fille ; travailler avec les autorités traditionnelles pour éradiquer les us et coutumes néfastes à la promotion de la femme ; travailler avec les familles pour instituer l’approche genre dans l’éducation des enfants ; internaliser les conventions ratifiées dans les domaines du genre et des droits de la femme ; renforcer les capacités de la femme dans le domaine de la participation à la vie politique, à la vie économique et à la prise de décision. S’agissant de la santé, il convient de rapprocher les services de santé des populations pour faciliter l’accès des femmes aux soins de qualité, diversifier le personnel pour faciliter l’accès de la femme aux services de planification maternelle et lui donner de jouir d’une meilleure santé et donc de s’impliquer activement dans la réalisation des objectifs du millénaire.

 

Dans son propos, Madame Agnès THUEGAZ, Envoyée de DM-échange et Mission au CIPCRE, a noté d’entrée de jeu qu’elle a la chance de connaitre le contexte de la JIF au Cameroun et en Suisse, ce qui lui donne la latitude d’en parler à son aise. Si au Cameroun, la JIF se fête dans une réelle exubérance, en Suisse en revanche, ce sont les femmes syndicalistes, les femmes de gauche et les féministes qui organisent des campagnes de sensibilisation, des ateliers et des rencontres de réflexion sur diverses thématiques relatives à la promotion de la femme. Pour elle, la réflexion n’implique pas qu’il faille, dans les relations hommes-femmes, chercher à niveler les différences,  militer pour l’interchangeabilité, encore moins  vouloir que l’un des sexes se substitue à l’autre. Il est question de faire en sorte qu’ «hommes et femmes puissent trouver leur place, s’épanouir ensemble, donner le meilleur d’eux-mêmes pour bâtir une société à visage humain, une société qui croit en son avenir et qui élève ses enfants dans la confiance.» Plutôt que de vouloir devenir l’autre, la femme doit chercher à rester soi-même et se valoriser dans son quotidien, à la maison, au quartier au lieu de service et dans les associations. Après un survol historique de la JIF, elle a reconnu que même en Suisse, on est « loin de l’image  d’un pays où les femmes et les hommes ont les mêmes droits » La lutte continue donc.

Direction Générale & CIPCRE CamerounPour terminer, elle a listé les thématiques pour lesquelles les femmes suissesses en particulier et européennes en général se battent aujourd’hui : l’égalité de traitement salarial entre les hommes et les femmes ; la parité dans les hautes instances décisionnelles politiques, économiques et sociales ; l’assurance-maternité, le respect de l’altérité, etc.

 Au terme des exposés, des échanges nourris et très animés ont eu lieu. Les participants ont tout d’abord pris la parole pour faire une synthèse de ce qu’ils ont retenu. Puis certains ont apporté des contributions au débat avant l’ouverture du jeu des questions et réponses. Au total, les 61 personnes dont 30 femmes présentes à la table ronde en sont sorties satisfaites, leur soif de connaissances en matière d’OMD spécifiques à la femme et à la jeune fille ayant été amplement étanchée.

 


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