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Elaboration du code coutumier des rites de veuvage : Le village Bafoussam se concerte

Bafoussam 03 juillet 2015.Le premier atelier d’élaboration du code coutumier des rites de veuvage s’est tenu au foyer de la chefferie Bafoussam le 3 juillet 2015 en présence de 28 dignitaires dont le Roi lui-même. Les jalons ont été posés pour l’adoption de ce document de modernisation des rites de veuvage.   Beaucoup l’attendent impatiemment.

Après la campagne d’information qui s’est tenue à Bafoussam le 4 mai 2015 et qui, par la même occasion, marquait de façon palpable le lancement des activités du projet de plaidoyer, structuration et accompagnement des communautés locales pour l’humanisation des rites de veuvage dans le village Bafoussam, il était temps de regrouper les informations en vue de l’élaboration du code coutumier des rites de veuvage. Il s’agissait concrètement de renforcer la sensibilisation des principaux notables sur la problématique de la déshumanisation des rites de veuvage et sur la finalité du projet, de susciter la participation et l’adhésion des principaux notables et dignitaires sur l’élaboration et l’adoption du code coutumier des rites de veuvage, de retracer le processus actuel des rites de veuvage : les étapes, les significations, les acteurs, etc.

Interpellation du Roi des Fussep

L’ouverture de l’atelier a été un moment cruciale pour le Roi des Fussep pendant lequel il a appelé à la concentration et au sérieux des participants conviés. Il est revenu sur la nécessité de retracer l’histoire du peuple Bafoussam pour ce qui est des rites de veuvage   et de la transcrire pour garder son authenticité au profit des générations futures. De même, il a relevé la nécessité de toiletter ces rites qui ont été dénaturés et qui sont devenus des outils de marchandage et de brimades. Pour lui, il était temps que ces pratiques soient questionnées sincèrement et objectivement.

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À la suite de l’interpellation du Chef, les participants sont rentrés dans les travaux proprement dits de l’atelier en commençant d’abord par lister les différentes classes sociales pour lesquelles les rites sont appliqués à savoir : les « Ndze » les « Mekuh », les « Souop », les « Wembe », les « Sadje/Dje » ainsi que les simples personnes initiées ou non et dans des régimes matrimoniaux qui sont soit polygamique soit monogamique. Les éléments à collecter pour chaque catégorie devaient permettre de regrouper les points communs à tous et les particularités propres à chaque classe.

Travail de collecte

Le travail de collecte fait après la catégorisation des classes a permis de constater l’insistance des participants sur le principe du maintien de la hiérarchie entre les classes sociales. Par exemple, l’officiante doit être une veuve d’une personne de la même classe que le défunt mari de la veuve qu’elle accompagne. Il en est de même des personnes chargées de déterminer la nature, la durée et la fin des rites. Par ailleurs, la durée des rites pour une veuve correspond au temps mis par son défunt mari pour son initiation que ce soit sur le plan général ou sur le plan spécifique de la classe de notabilité à laquelle il appartenait. Une autre remarque a été le souci affiché de conserver l’héritage traditionnel du peuple Bafoussam. En effet, lors de la description des rites, il a été remarqué que certaines significations anthropologiques des rites de veuvage demeurent figées dans l’esprit des gens notamment la rupture de la malédiction qui n’est effective que si la veuve est lavée à la rivière, les danses et certains gestes rituels qui chassent les mauvais esprits, etc.

Parfois avec honte ou dégout, mais surtout avec détermination de changer, les pratiques ont été dévoilées, des interdits aux contraintes en passant par les délais, les objets symboliques utilisés et leur signification. Ce moment de retour aux sources a été également l’occasion pour les participants de questionner certaines pratiques qu’ils jugent inutiles ou tout simplement dépassées. C’est le cas par exemple de la longue durée des rites, du fait de se coucher à même le sol, le marchandage excessif, le défaut d’hygiène, etc. Ce sont ces mauvais aspects et bien d’autres encore qui devraient, selon eux, être extirpés des rites de veuvage à travers le code coutumier, ceci afin de faire de ces rites de véritables espaces de consolation, de soutien et de solidarité pour la personne éprouvée.

C’est sur cette note d’espoir que l’atelier a été clos. Rendez-vous étant pris pour une rencontre devant permettre la finalisation d’une première mouture du code coutumier des rites de veuvage à Bafoussam.

 

 

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